A La Recherche du temps perdu

 

Ma vie à la campagne 18 août, 2006

Classé dans : Les plaisirs et les jours... — Franck @ 14:06

Quand je quitte Paris écrasé de chaleur pour retourner en vacances dans mon fief, je n’ai en tête que des idées de fraîcheur, de rythme dolent et de farniente. Pour une grande part, je ne suis pas loin de la vérité…Si la maison familiale n’est pas exactement à la campagne, la ville où elle se situe est si petite que la verdure est toute proche. Et j’ai la chance qu’elle soit dans un coin de France qui peut être un vrai petit paradis, pour peu que la météorologie y mette du sien! Et les étés de canicule y sont merveilleux…
La construction ancienne de la maison a pensé à aligner toutes les portes et fenêtres; quand la température monte dangereusement (pour les vieilles carcasses), à l’ombre des volets clos, le moindre petit air circule, agite les rideaux et glisse délicieusement sur la peau…Quand vraiment il fait trop chaud, vingt minutes de voiture suffisent pour être au bord d’un lac de montagne.
Imaginez une eau bleue, calme et posée entre des collines couvertes de sapins; sur un bord, une plage, petite mais claire et au sable (presque) fin, protégée du vent. Etendu là, on ne voit aucun bâtiment, aucune construction humaine venant barrer l’horizon. Pour un peu, on se croirait l’explorateur qui a découvert l’endroit. Le soleil mord la peau, juste assez pour donner une délicieuse couleur caramel: on est en montagne déjà et l’air est frais; la canicule chauffe l’eau du lac, juste assez pour la rendre agréable: cette année, elle est à 26°C, deux palmiers et on se croit à la Barbade! Un livre, la pensée continuelle des jours qui passent et qui rapprochent du moment (magique) où je serai face à R***, dans son pays…Le Paradis!
Presque!
La plage n’est pas si calme…Et la présence des touristes est vite, comment dire, gênante…L’endroit est très fréquenté l’été par les Hollandais et les Allemands: on a les vacanciers qu’on peut et les nouveaux riches russes préfèrent Saint-Tropez! Allez savoir pourquoi! Sans doute pour compenser d’avoir moins d’argent, « nos » touristes misent sur une débauches de décibels, à défaut de champagne…Enfin, ils sont néanmoins charmants, pas toujours polis mais sociables et conviviaux. Et si je n’avais pas un goût exclusif pour les bruns, je serais allé toucher deux mots à plus d’un exemple parfaitement beau de la race aryenne…(Je taquine, Pirate!)
Mais ces moments ne sont qu’une part de mes vacances puisque je suis dans mon fief et donc en famille. J’épargnerai à mes lecteurs le passage à propos du bonheur d’être en famille, retrouver le milieu dans lequel j’ai grandi, se retrouver un peu aussi. La famille, c’est précisément tout un milieu avec ses lois, ses codes aussi stricts que l’armée. Interdiction absolue de venir déjeuner sans être lavé ni habillé…Sortir le matin, c’est uniquement pour les courses de bouche, pas question de faire du shoping à ce moment-là; ce dernier se fait après 16 heures; parfaitement inélégant d’être vu devant une vitrine avant! De même le bord du lac et la plage, c’est uniquement l’après-midi. Bien sûr, on ne parle que de deux lacs, l’un pour les heureux propriétaires de bateaux (le gratin), l’autre pour les « piétons »…Il existe de nombreux autres lacs mais y aller paraitrait vouloir changer de classe sociale! Il n’y a pas de grands dîners l’été (trop d’amis sont partis en vacances) mais des « petits trucs entre soi »; il n’y a pas de jours réservés, mais le jeudi soir est devenu élégant. Pas question d’aller au restaurant le samedi soir: c’est pour les paysans qui « sortent »! Le vendredi est pour les jeunes et les couple illégitimes…D’une manière générale, les restaurants sont pour ces derniers et on invite beaucoup chez soi. Là, deux cas de figure se présentent. Il ya ceux qui ont opté pour la campagne; la maison doit alors compter au moins cinq chambres et la piscine est indispensable: une bizarrerie pour une région de France où l’on peut se baigner environ qu’un mois par an! L’an dernier, les chandelles faisaient fureur, cette année, ce sont les dais moustiquaires…vague héritage de la Shikungunia sans doute…Pour ceux qui sont en ville, on leur pardonnera la mauvaise qualité de la viande (LE boucher a la mauvaise habitude de prendre ses congés en août!) mais pas l’absence d’un jardin, si exigu soit-il. Et ceux qui ont l’audace d’inviter à l’intérieur doivent s’entendre dire que leur appartement est joli mais qu’on y étouffe…
Vous aures compris ma description du charme d’une petite ville de Province. Et je pourrais citer des dizaines d’autres exemples! Ah, les conversations des dîners! Du grand art! Cela pourrait se résumer à « qui couche avec qui? » et « mes bonnes adresses »! Dix ou vingt femmes peuvent lancer un coiffeur et défaire la réputation d’un pâtissier. Il faut voir la mine de désolation horrifiée qu’elles prennent si on leur dit: « J’ai pris mes petis fours chez X. », et vous avez alors compris qu’il fallait se fournir chez Y…Et les cancans! il semble que le mariage n’ait été inventé ici que pour permettre aux heureux détenteurs de secrets de polichinelle de révéler qui le bafoue pour la quatrième, non, sixième fois, avec…mais si! Tu la connais! Elle était mariée avec…avant et puis elle est sortie avec…qui lui est parti avec…, la fille de….qui avait épousé…on n’en sort jamais et je me rends compte que, malgré l’éloignement, je connais encore tous ces noms, si l’intérêt qu’ils me procurent a à peu près disparu.
Heureusement, il existe des moyens de survivre! D’abord, une famille relativement indépendante par rapport à ces règles et qui n’hésite pas, au risque de choquer, à les enfreindre. Refuser une invitation parce que c’est le soir d’un concert (la culture? Quelle horreur!), rentrer indécemment tard du lac pour en manquer une autre (« désolé…il faisait si beau, nous n’avons pas vu le temps passer! ») et avoir eu le bon ton de se faire des amis ailleurs dont accepter l’invitation de bon coeur permet de ne pas en honorer d’autres ici, de politesse. Mais surtout, pour moi, développer la monomanie du repos absolu et de bronzette intensive, cultiver une réputation de solitaire pour n’être présent qu’au strict minimum autorisé de dîners (comprenez ceux où mes amis seront aussi!); afficher une arrogance parisienne qui fait que la seconde fois, maman est invitée seule…Je vous le dis: le paradis!

 

3 Commentaires

  1.  
    carareglisse
    carareglisse écrit:

    Hello; contente de te lire à nouveau et de voir que tes vacances se sont bien passées; tous mes voeux t’accompagnent dans ta prochaine étape vers les beautés du Maroc;) rassure bien le pirate surtout sur mon compte; je ne voudrais pas qu’il te fasse une scène; oui oui je suis bien une fille; promis juré pirate;
    quelquefois ça énerve de lire des gens heureux quand on se traine une ribambelle de casseroles; mais ton bonheur à toi, je ne saurais dire ce qu’il a de plus que les autres, mais il fait vraiment plaisir à voir; il est si doux, si simple, si tendre, si tranquille, et sans doute si chaud; alors prends-en grand soin, cultive-le, arrose-le; pour toi, pour lui; et je viendrai y goûter sur ces pages de temps en temps; with your permission;)
    bye et bon vent !

  2.  
    Fr. la Banana
    Fr. la Banana écrit:

    Bonsoir petite Réglisse. Ton commentaire me fait plaisir. Bien sûr que tu as la permission de venir « lire mon bonheur » ici! J’ignore s’il est « simple », si « tranquille »…Il ne me paraît que rarement ainsi! Mais c’est vrai qu’il y a plus que les autres, les autres fois! En effet, pour la première fois, ma confiance (en lui) est absolue,sans faille…Cela demande une énergie épuisante, mais ça en vaut la peine! J’ai eu des casseroles aussi,jusqu’à ce que je me rendre compte que je les avaient attachées moi-même…Enfin, je pars dimanche et je suis HEUREUX!

  3.  
    Anonyme
    Anonyme écrit:

    jkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk

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